Enregistrer un entretien avec un salarié : ce que dit le droit

Par Rédaction Entretiens RH · Mis à jour le · Lecture 5 min

Enregistrer un entretien permet de retrouver les mots exacts et de rédiger un compte rendu fidèle. C'est possible, à une condition simple : informer la personne et obtenir son accord avant d'appuyer sur le bouton.

La règle : informer et obtenir l'accord

Enregistrer les paroles d'une personne sans son consentement peut constituer une atteinte à la vie privée, pénalement sanctionnée (article 226-1 du Code pénal), et un enregistrement clandestin expose l'employeur à voir sa preuve contestée. À l'inverse, un enregistrement annoncé et accepté ne pose pas de difficulté : la personne sait qu'elle est enregistrée et pourquoi.

En pratique, au début de l'entretien :

Un texte de consentement simple

« Je vous informe que je souhaite enregistrer notre entretien, uniquement pour rédiger un compte rendu fidèle. L'enregistrement restera confidentiel et ne sera conservé que le temps de ce dossier. Êtes-vous d'accord ? »

Les obligations RGPD

Sans accord : des notes à deux

Si la personne refuse, l'entretien a lieu quand même. Prenez des notes détaillées, si possible à deux (un qui mène, un qui note), et rédigez le compte rendu dans la journée. Voir comment le rédiger.

Conseils pratiques

Questions fréquentes

Un salarié peut-il refuser l'enregistrement ?

Oui. Dans ce cas, n'enregistrez pas : menez l'entretien en prenant des notes, idéalement à deux, et rédigez le compte rendu à partir de ces notes.

L'enregistrement doit-il être remis au salarié ?

Le salarié dispose d'un droit d'accès à ses données personnelles au titre du RGPD, qui peut porter sur l'enregistrement. Dans les faits, c'est le compte rendu écrit, relu et signé, qui sert de document de référence.

Combien de temps garder l'enregistrement ?

Pas plus que nécessaire. Une pratique prudente consiste à le supprimer une fois le compte rendu signé et la procédure terminée, sauf contentieux en cours.

Un enregistrement fait à l'insu du salarié peut-il servir de preuve ?

Depuis un arrêt de l'assemblée plénière de la Cour de cassation du 22 décembre 2023, une preuve obtenue de manière déloyale n'est plus automatiquement écartée : le juge vérifie si elle est indispensable et si l'atteinte aux droits de l'autre partie est proportionnée. C'est une exception appréciée au cas par cas, pas une méthode de travail.

Sources

Information générale à jour à la date indiquée, qui ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation. Vérifiez votre convention collective et votre règlement intérieur.